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Le nouvel homme fort d’Anfield : « Jürgen Kop »

Cela fait moins d’une saison que Jürgen Klopp s’est installé sur le banc de l’historique Liverpool Football Club. Les Reds pointent toujours à une septième place décevante au classement de Premier League (avec un match de retard), et pourtant, l’entraîneur allemand semble déjà avoir conquis le peuple rouge… Explications.

Daniel Sturridge semble se perdre dans ses dribbles, heureusement l’infatigable Milner prend la profondeur. L’ancien de Chelsea décale l’ancien de City et celui-ci parvient à centrer, à la limite de la sortie de but. Là, Dejan Lovren, lui, le joueur le plus décrié de l’ère Rodgers, lui, le joueur le plus détesté d’Anfield en 2014-2015, s’envole et d’un coup de tête rageur envoie le ballon au fond des filets de Weidenfeller. Quelques secondes plus tard, Lovren s’envole de nouveau pour retomber en une glissade qui restera, tout comme son but, dans l’histoire du Liverpool Football Club.
Liverpool 4, Dortmund 3. La Red Army élimine le Mur jaune. Dans le Fergie time. Un comble…

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Ce succès de Liverpool en quart de finale d’Europa League connait un large écho dans les médias. En Angleterre, en Allemagne, en Europe, partout on loue « l’effet Klopp ».


Plus que le score (victoire 5-4 aux scores cumulés), plus que la qualification, c’est la manière qui impressionne. Cette foi des joueurs en leur capacité à revenir jusqu’au bout du temps additionnel, cette rage, ce fighting spirit si cher aux anglais. Un come back qui n’est bien sûr pas sans rappeler la fameuse victoire de Liverpool à Istanbul contre le grand Milan AC après avoir été mené 3-0 à la mi-temps.
Cependant, contrairement à ce que disent les « spécialistes » français, qui ne regardent visiblement pas assez souvent les matchs des redmen, cet état d’esprit avait quitté le Liverpool Football Club depuis déjà quelques temps. Les départs de légendes du club telles que Jamie Carragher ou Steven Gerrard, capitaine ô capitaine, ont inévitablement créé un vide que, jusqu’alors, nul n’avait su compenser. Ni Brendan Rodgers alors manager, ni Jordan Henderson propulsé capitaine, ni les nombreuses recrues du club, n’ont su apporter à l’équipe tout de rouge vêtue le renouveau du fameux « Liverpool way ». Car tout bon supporter des reds vous le dira, ces dernières années cette équipe a cruellement manqué de caractère. Même lors de la fameuse saison 2013-2014 où Liverpool, mené par un fantastique duo Suarez-Sturridge, va tutoyer les sommets, les lacunes sont évidentes. Car les incroyables qualités de l’uruguayen n’auront fait que masquer les manques de cette équipe, de la défense fébrile au manque de technicité du milieu de terrain, en passant par cette dernière ligne droite ratée, symbolisée par la terrible glissade de Stevie G.
Son buteur de génie parti et orphelin de son capitaine, Liverpool retourne, dès la saison suivante, côtoyer la lutte à la qualification en Europa league, place qui lui est habituelle depuis quelques années maintenant.
Le board du club de la Mersey sait que le Liverpool Football Club patauge dans l’inconstance et la médiocrité depuis près de dix saisons maintenant et qu’il lui faut un souffle nouveau.

L’héritier de Shankly

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Après un début de saison 2015-2016 raté, Brendan Rodgers est renvoyé pour calmer la grogne des supporters. La défense toujours aussi fragile et une attaque devenue inoffensive ont finalement raison du manager nord irlandais.
Les supporters se prêtent à rêver de renouveau. Un homme, un seul, semble digne de la place : Jürgen Klopp.
Pourquoi ? Pourquoi la Red army appelle-t-elle de ses vœux la nomination de l’attachant entraîneur du Borussia Dortmund ?
La réponse n’est pas à chercher dans le succès sportif incontestable de l’épopée de Klopp au BvB, car on aurait pu tout autant réclamer les Guardiola, Mourinho, Ancelotti et consorts. Non, les fans de Liverpool ont vu autre chose chez cet entraîneur. Ce supplément d’âme, ce brin de folie, qu’ils reconnaîtraient entre dix mille.
En 2013 sortait le livre
Rouge ou mort (red or dead) de David Peace, relatant les exploits du Liverpool Football Club des sixties et du début des seventies, l’une des plus belles périodes de son histoire, l’époque de Bill Shankly. Bill Shankly. Un nom qui restera dans la mémoire collective des Liverpuldians comme celui de l’entraîneur qui façonna ce qu’est le LFC. L’homme qui insuffla la rage de vaincre mais aussi la soif de titres. C’est à cette époque que le Liverpool Football Club arbore pour la première fois son uniforme de bataille devenu célèbre, rouge sang des chaussettes au maillot. C’est à cette époque là aussi que résonne pour la première fois You’ll never walk alone dans l’enceinte d’Anfield.
Alors, quel rapport entre Jürgen Klopp fraîchement nommé et Bill Shankly ayant quitté le club il y a maintenant plus de cinquante ans ?
Ce sont des hommes de la même trempe, faits du même bois, brûlant du même feu intérieur, de la même passion. Les supporters du Liverpool Football Club l’ont tout de suite vu. Communiste, humaniste, Shankly était un amoureux des classes populaires, aimant rappeler qu’il n’y avait pas de pression en football parce que
« la pression c’est de travailler à la mine. La pression c’est être au chômage. La pression c’est éviter de se faire virer pour 50 shillings par semaine. ». Shankly mettait toujours en avant le fait que le football se jouait pour les supporters avant tout, surtout à Liverpool, surtout à Anfield. Tout le monde se souvient de sa déclaration, devenue célèbre, sur la sainte trinité entre joueurs, entraîneur et supporters excluant volontairement les dirigeants du club. Une vision du football visiblement partagée par Jürgen Klopp qui ne manque jamais une occasion de rappeler que pour lui aussi, les supporters font partie des piliers d’un club. Ressemblance frappante avec son illustre prédécesseur lorsque l’ancien du club de la Ruhr prend position dans le conflit qui oppose supporters et dirigeants à propos de la hausse du prix des places à Anfield. «Tout le monde sait que pour l’intérêt du club, il faut trouver une solution à cela. Nous ne voulons pas que les supporters quittent le stade avant que le match soit terminé. C’est tout ce que je peux dire pour le moment mais bien sûr que je suis au courant et que cela me déçoit. C’est clair !».
Mais Klopp partage plus avec la légende d’Anfield qu’une grande considération pour son public. Les deux hommes ont également en commun une certaine vision du jeu.

Le jeu retrouvé

Bien que Klopp n’ait pas révolutionné les choses au classement de Premier League, une différence notable avec l’ère Rodgers se remarque sur le terrain.
Déjà évoqués, le fighting spirit et la rage de vaincre ont fait leur retour à Anfield (et à l’extérieur aussi) ce qui marque une rupture avec la morosité ambiante de la période précédente. Bien entendu cela doit beaucoup à l’approche tactique prônée par Klopp et notamment à son fameux
Gegenpressing qui consiste à presser l’adversaire avec intensité dès la perte du ballon. Au delà du pressing, c’est un jeu résolument plus offensif et vertical qui a été adopté par les Reds ces derniers mois. Une conception du football qu’avait déjà bien connu Liverpool depuis l’époque Shankly, puis sous ses anciens adjoints Bob Paisley et Joe Fagan et enfin sous le règne du King Kenny Dalglish. Une approche sobrement intitulée Liverpool way. Le Liverpool way n’a pas vraiment de définition, c’est dans un premier temps une volonté de poser le ballon et de jouer au sol, conception novatrice dans l’angleterre du Kick’n rush, et surtout une indéfectible envie de gagner. Car oui pendant quarante ans le Liverpool Football Club a gagné, beaucoup gagné. En Angleterre mais aussi en Europe. C’est surtout ça le Liverpool way.
Cette volonté de gagner et ce jeu vertical, Klopp en avait fait le maître mot de son Borussia Dortmund. « On préfère frapper cinq fois sur la barre que rester quatre fois devant la surface sans frapper au but » disait, il.

La métamorphose Kloppienne

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Ce renouveau tactique et psychologique a d’abord un impact considérable sur les joueurs entraînés par l’enthousiaste allemand. La presse française n’a de cesse de nous rabâcher les prestations de Sakho, dont le mental symbolise bien l’attitude combative retrouvée sous l’ère Klopp. Outre l’affaire de dopage qui le rattrape et va l’écarter des terrains, le français reste trop souvent coupable d’erreurs de placement et de lecture que sa grinta ne peuvent compenser. Il est d’ailleurs loin d’être celui à afficher la plus forte progression depuis l’arrivée de Klopp. A commencer par son compère de la charnière centrale. En effet, Dejan Lovren affiche depuis plusieurs mois une solidité qui contraste forcément avec ses prestations catastrophiques de la saison passée. Revenant peu à peu à son niveau de Southampton, le croate commence à rassurer les supporters et semble avoir pris une place de titulaire dans cette défense, bien plus sereine qu’auparavant.
Autre ancien de Southampton en nette progression, Adam Lallana. Si souvent les supporters d’Anfield se sont demandés ce qui était arrivé au milieu offensif si talentueux avec les Saints, enfin l’international anglais semble avoir retrouvé ses jambes. Son association offensive avec le duo samba de l’équipe (Coutinho-Firmino) semble plutôt lui réussir.
James Milner est lui devenu un indéboulonnable du système Klopp. Sa polyvalence et son endurance ont séduit le nouveau coach qui dit de lui que c’est une machine parfaite. Louant sa combativité et son entrain sur la pelouse, Klopp en a fait l’un des piliers de l’équipe. Toujours au pressing, Milner apporte aussi énormément de verticalité par ses courses incessantes même si ses performances sont assez inconstantes.
Dans un registre assez proche, l’allemand Emre Can a grandement bénéficié de l’installation aux manettes de son compatriote qui l’a replacé au milieu de terrain. Ses prestations, bien qu’encore irrégulières, laissent présager une progression intéressante dans les années à venir.


Mais c’est un tout autre joueur qui symbolise le renouveau de ce Liverpool, un joueur que les supporters n’attendaient pas… L’ancien Lillois Divock Origi. Buteur contre Dortmund, auteur d’un triplé contre Southampton, l’international belge s’est peu à peu taillé une place à coup de prestations de haut niveau. Lui qui ne jouait quasiment pas il y a encore un an est devenu titulaire à la pointe de l’attaque, devant Benteke et Sturridge deux poids lourds de Premier League…. avant qu’une blessure ne le rattrape. La saison prochaine semble toutefois radieuse pour le jeune belge qui aura certainement sa chance.
En revanche, le capitaine Jordan Henderson est porté disparu. Le brassard du 8 de légende Steven Gerrard sûrement trop lourd à porter.

Le retour des titres ?

Depuis dix saisons et sa dernière Ligue des Champions, le Liverpool Football Club n’a presque rien gagné et ne brille plus en coupe d’Europe. Forcément l’arrivée d’un coach capable d’emmener Dortmund en finale de la coupe aux grandes oreilles et de remporter deux titres de Bundesliga fait souffler un vent d’espoir sur la Mersey.
La qualification pour les demi-finales d’Europa League a fini de convaincre les supporters que Klopp était l’homme de la situation. Lui qui a interdit à ses joueurs de participer à la tradition en ne touchant plus le panneau « This is Anfield » situé dans le couloir menant au terrain. Le défi est lancé, il faudra mériter ce droit en ramenant des trophées.
Klopp a ravivé la flamme d’Istanbul en renversant la vapeur contre Dortmund au terme de ce qui sera sûrement le plus beau match de la saison.
La demi-finale aller voit Villareal mener par un petit but d’avance, avant le match retour à Anfield devant un public de Liverpool qui croit plus que jamais dans les chances de son équipe. Invaincus en Angleterre pendant quinze matchs avant leur défaite face à Swansea ce dimanche, les Reds se prêtent à rêver de sacre européen.
Voilà pourquoi Jürgen est d’ores et déjà devenu Kop…

Par Florian Wallart

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