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PSG : Tout ça pour ça ?

Ce mardi 12 avril, sur la pelouse de l’Etihad Stadium, aux alentours de 22 heures 50, le calvaire s’est enfin arrêté. Trois coups de sifflet, l’arbitre lève les mains en direction du vestiaire, le public bleu ciel exulte enfin avant de vite évacuer l’enceinte : libération. Pour les supporters, pour les joueurs, pour les dirigeants… Parisiens comme Citizens.

Lorsque l’arbitre annonce le terme de cette victoire 1-0 de Manchester City, ce n’est pas que la campagne européenne du Paris Saint-Germain qui s’est arrêtée, c’est aussi sa saison. Sa saison bâtie sur le seul objectif d’une grande épopée européenne et dont les espoirs se voient, pour la quatrième fois d’affilée, givrés à la porte du dernier carré. Quatre fois et probablement une de trop pour le board Parisien.

Soyons francs, au réveil ce mercredi matin, il n’y a qu’une seule pensée qui occupe l’esprit des supporters parisiens : des têtes doivent tomber.

Parce que lorsque M.Velasco Carball fait retentir le coup de sifflet final, ce n’est pas que la campagne européenne 2015/2016 du PSG qui s’arrête : c’est aussi et surtout la fin brutale d’un cycle pour ce PSG sous l’ère Qatari. Le premier cycle. Celui qui donne la direction pour la suite, pour les lendemains.

Ces lendemains peuvent chanter… ou pleuvoir, la suite appartenant désormais aux décisionnaires du club de la capitale, qui, pour la première fois depuis leur prise de pouvoir, sont mis face à leurs responsabilités, face à leur bilan.

L’imposture Blanc éclate à la face de l’Europe

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Difficile de désigner autre premier responsable du fiasco des sept jours qui viennent de s’écouler que le Cévenol, tant son impuissance footballistique a été criante sur cette double confrontation. Aventureux au moment du coup d’envoi de faire jouer son équipe en 3-5-2 pour optimiser l’effectif qu’il avait à disposition, si l’intention est louable, le PSG n’en trouvera jamais son rythme ainsi que ses aises dans ce système encore inédit pour le groupe Parisien (en témoignent les plus de 80 ballons perdus). Innover tactiquement n’étant pas une petite lubie qu’on se permet avant le coup d’envoi comme le joueur de FIFA lassé du système de jeu dans son « mode carrière »… Les joueurs (les vrais cette fois) ont eu l’air de découvrir un système pour la première fois au moment du coup d’envoi… Comme si Blanc avait improvisé… encore une fois.

Cloués au pilori par le naufrage tactique de ce match, Aurier encore en manque de compétition est placé en défense centrale pendant que Van der Wiel se retrouve à jouer presque ailier, presque milieu droit, presque latéral mais au final nulle part (n’est pas Lichtsteiner qui veut), que Marquinhos joue en 6 après la sortie sur blessure d’un Motta qui a enchaîné les pertes de balles comme les perles sur un collier fantaisie. Dépassés, il ne reste qu’à remercier le tirage de n’être tombé que sur ce Manchester City en imaginant ce qu’une équipe plus en place tactiquement aurait fait à ce brouillon de composition d’équipe.

Ne nous trompons pas ici, cette défaite est loin d’être un accident et montre quelque chose de bien plus profond que ce match à Manchester. C’est l’explosion flagrante d’une poudrière qui ne demandait qu’à s’embraser depuis maintenant deux ans. Lorsqu’une équipe domine si outrageusement son championnat (ce qui est le rêve de chaque prétendant sérieux à la victoire en LDC), elle doit se préparer largement en amont pour être prête lorsque son plat de consistance se présente. Quand la Ligue 1 est pliée depuis décembre, pourquoi n’avoir jamais testé de schémas de jeu différents, afin d’apporter de la versatilité à un groupe pétri de talent ? La Juve d’Allegri, et ce depuis Conte, sait passer du 3-5-2 au 4-4-2 (à plat ou en losange) en un claquement de doigts. Il est peu étonnant alors, de les voir éliminer pendant la LDC 2014/2015 des équipes aussi différentes dans leur identité que le Borussia Dortmund, Monaco et le Real Madrid.

À cet argument, beaucoup répondront que le manque d’oppositions de haut niveau dans les premiers mois de la saison jusqu’au printemps empêchent le PSG de réaliser des tests tactiques pertinents en vue des grands matches. Si c’est partiellement vrai, le refus d’identifier des maux déjà bien présents dans les rares grands matches joués par Paris révèle les œillères que porte Laurent Blanc et qu’il a fait porter à nombre de supporters.

Lorsque l’on arrive à se satisfaire de prendre 1 point sur 6 face au Real, même si le contenu d’un seul des deux matches a le mérite d’être qualifié de match référence, on peut légitimement se demander si Paris a la mentalité d’un cador d’Europe ou d’un éternel outsider. Lorsqu’un Olympique de Marseille à la rue à tous les plans sportifs (pour le moins) arrive à faire égal avec ce PSG à l’aller comme au retour aussi simplement qu’en jouant le match à 100% sans avoir peur de le regarder dans les yeux (chose rarissime en Ligue 1, certes), la question de la solidité et de la capacité de cette équipe à supporter la pression se pose légitimement.

Lorsque Lassana Diarra, après une coupure de 15 mois du football professionnel, vient au Parc des Princes pour s’essuyer les crampons sur le milieu parisien, le travail de Blanc au milieu de terrain doit être remis en question. Ce même milieu, qui depuis deux ans a fait des foulées olympiques et des contrôles américains de Blaise Matuidi, sa tête d’affiche, dont l’entraîneur n’a jugé utile de le rafraîchir qu’avec la signature de Benjamin Stambouli qui se voit jeté dans la cage aux lions, alors que le seul responsable de sa stagnation repose sur l’homme assis sur son banc. Lire notre article sur l’après Thiago Motta.

Mais blâmer Blanc uniquement paraît facile tellement les causes de cet échec sont multiples. N’oublions pas la direction du club qui a jugé si pertinent de prolonger le président de deux ans en plein milieu de saison alors que le bilan de son travail ne pouvait même pas encore être dressé. Aujourd’hui les Qataris se retrouvent avec un entraîneur encore une fois battu, pourtant encore investi de toute leur confiance. Si nous savons pertinemment que ce ne sont pas les indemnités de Blanc qui freineront QSI à faire tomber le couperet, le message renvoyé par un licenciement quelques mois après une prolongation feront au mieux rire ceux qui verront le rapprochement avec Abramovich, au pire montrera un projet sportif sans ligne réelle directrice (ce qui est probablement la vérité depuis le départ de Leonardo).

Toutefois, l’avantage de cette claque reçue, si elle est assourdissante sur le coup, peut être le début d’un nouveau cycle à entamer dès cet été, comme dit plus haut.

À commencer par les joueurs ?

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Le ciel est bleu. Ibrahimovic n’a pas marqué en phase finale de Ligue des Champions. L’herbe est verte. Rien ne change à part Freezer.

Zlatan, le porte-étendard du PSG Qatari a encore une fois laissé tomber les siens, comme si cette défaite n’était pas la sienne, comme si il n’était pas de sa responsabilité de hausser son niveau de jeu lorsque Paris en a le plus besoin. Bomber le torse après un coup-franc contre Nice c’est bien, réussir ses pénaltys et ses face à face contre Joe Hart est autre chose. Le problème étant que cela a toujours été « autre chose » pour le géant suédois, et hier soir d’autant plus. À contribution statistique égale, les appels toujours aussi intelligents de Cavani et son don de soi à un collectif en péril contrastaient avec la nonchalance d’Ibrahimovic et son attentisme quant à ses partenaires, comme si les rares ballons qu’ils sauraient se faire circuler (vu la bouillie de composition d’équipe d’hier soir) lui revenaient de droit. Seulement, rien ne revient de droit à qui que ce soit en Ligue des Champions, et espérons que le Z le comprenne avant ses 40 ans, dans l’espoir de le voir peut être un jour remporter cette compétition, à Paris ou ailleurs… Mais nous avions déjà traité de ce sujet ici.

Avec le recul, il est regrettable que le match du Real se soit déroulé en même temps que celui du PSG. Cela aurait permis à Ibra d’observer l’apanage des grands joueurs que Cristiano Ronaldo a balancé au visage du football européen hier soir. Profiter de son talent inouï pour prendre ses responsabilités et renverser la tendance, plutôt que de participer au naufrage et d’espérer faire partie du miracle. Voilà ce qui sépare Ibrahimovic de la caste des plus grands, n’en déplaise à ceux qui nous assuraient que ce dernier avait sa place dans les trois finalistes du Ballon d’Or.

Mais au delà du Suédois c’est un effectif entier qui doit être remis en question. Comprendre que Lucas ne sera jamais le crack attendu, que balader Cavani d’aile en aile n’a aucun intérêt si ce n’est brider son talent de buteur. Comprendre que l’avenir du PSG repose sur l’incroyable talent de Verratti plutôt que sur les courses folles de Matuidi. Comprendre que Marquinhos est le meilleur défenseur de sa génération plutôt que de se reposer contre vents et marées sur David Luiz malgré ses performances en dents de scie sous le prétexte de son mirobolant transfert. Comprendre qu’insulter son entraîneur des plus basses injures sur internet mérite un peu plus qu’un tour de trois semaines en CFA puis une titularisation en Ligue des Champions. Et tant d’autres choses qui montrent le flou sportif dans lequel se trouve les décisionnaires Parisiens.

Le Paris Saint-Germain était une chance pour le football français, la chance de se replacer enfin durablement sur la carte du football européen. Seulement, après cinq ans de règne sans partage sur tout ce qu’il était possible de gagner en France ou presque, le goût d’inachevé est indéniable. Il provoque l’hilarité des supporters adverses, un sentiment de désarroi parmi les fans non-Parisiens qui se plaisaient à voir enfin un club français jouer les premiers rôles, mais surtout un sentiment de colère chez les supporters Parisiens.

Le bon côté des choses pour le PSG, c’est que la roue peut très vite tourner. Encore faut il avoir la force de la mettre en route.

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About rayandeuxfois (17 Articles)
Sujet de sa majesté pour Ultimo Diez, j'aime le Liverpool FC. Mais j'aime aussi le football.

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